En 2000, Renault commercialise une citadine de 230 chevaux équipée d’un moteur central arrière, transgressant les conventions de l’industrie automobile grand public. Aucun autre constructeur européen n’a jamais proposé, sur la même période, une version radicale aussi éloignée de la plateforme d’origine.
La Clio 2 V6 est assemblée chez TWR en Suède, loin des chaînes françaises classiques, et adopte des solutions techniques empruntées à la compétition. Ce modèle, conçu sans compromis sur la polyvalence ou la praticité, cible un public de passionnés avertis, en quête d’exclusivité mécanique.
A lire en complément : La Réunion : Entretien de voitures à domicile
Plan de l'article
Quand Renault a décidé de casser les codes avec la Clio 2 V6
Début des années 2000. Renault abat ses cartes et ose l’impensable : installer un V6 atmosphérique de 3 litres en position centrale arrière sur la Clio II, une citadine jusque-là paisible. Rien ne sera comme avant. Ce projet, piloté par Renault Sport en étroite collaboration avec TWR (Tom Walkinshaw Racing), bouscule toutes les habitudes du segment. Axel Breun, ingénieur inspiré par la mythique Renault 5 Turbo, remet l’esprit des rallyes des années 80 au goût du jour. Résultat : une Clio affûtée comme une arme, repensée pour une expérience radicale et moderne.
Le public la découvre au Mondial de l’Automobile 1998 à Paris. L’effet de surprise est total : ailes bodybuildées, prises d’air proéminentes, proportions inédites. La Clio s’affranchit de la banquette arrière, s’abaisse, s’élargit, et affiche une posture d’une agressivité inédite pour une citadine française. La première phase, assemblée chez TWR en Suède entre 2001 et 2003, vise sans détour les amateurs de sensations, loin des compromis habituels du segment urbain.
A voir aussi : Peugeot 208 neuve, un investissement de choix, sûr et confortable
Quelques chiffres et faits marquants illustrent ce virage spectaculaire :
- 230 chevaux pour la phase 1, puis 255 chevaux pour la phase 2, produite à Dieppe par Renault Sport.
- Une architecture moteur central arrière sur une base aussi compacte, du jamais-vu à ce niveau.
- Seulement 2864 exemplaires sortis d’usine : c’est peu, ce qui fait de la Clio V6 une rareté convoitée.
La filiation avec la Clio Trophy dédiée à la compétition saute aux yeux : caisse modifiée, trains roulants sur mesure, comportement à la limite. Renault ne cherche pas l’équilibre standard, mais la singularité brute, celle qui nourrit les débats enflammés et marque durablement les esprits des passionnés partout en France.
Ce qui rend son moteur central arrière totalement unique
La Clio 2 V6, début 2000, débarque comme une anomalie sur les routes françaises. Le concept ne laisse aucune place à l’habitude : la citadine de Billancourt troque sa banquette arrière contre un V6 L7X de 3 litres, conçu avec Peugeot et PSA, déjà connu sur la Peugeot 406 Coupé. Mais ici, ce moteur trouve une nouvelle respiration. Placé en position centrale arrière, il offre à la Clio un équilibre inédit, rarement atteint par un modèle de ce gabarit.
La phase 1, produite à Udevalla chez TWR, délivre 230 chevaux. La phase 2, sortie de Dieppe grâce à Renault Sport, grimpe à 255 chevaux. La boîte manuelle six rapports PK6, bien connue des amateurs, canalise cette puissance pour envoyer la Clio à 235 km/h, avec un 0 à 100 km/h abattu en 6,3 secondes. Pour une citadine transformée en propulsion, la performance impressionne.
Le châssis reçoit des trains roulants spécifiques, des freins signés AP Racing puis Brembo, et des pneus Michelin Pilot Sport adaptés à la brutalité du V6. Le poids oscille entre 1335 et 1400 kg, pour un rapport poids/puissance affûté (entre 5,5 et 5,8 kg/ch). L’expérience est directe, exigeante, sans fioriture. Sur la route, le moteur en position centrale change tout : motricité, équilibre, réactions au moindre excès. Les sensations rappellent celles d’une voiture de course domptée pour la route, surtout dans la version Clio V6 Trophy alignée en compétition.
En série très limitée, la Clio 2 V6 s’affranchit des standards de la production de masse. Son architecture centrale arrière, rarissime dans ce segment, lui donne une personnalité mécanique unique et un tempérament introuvable ailleurs dans la catégorie des sportives compactes.
Clio 2 V6 : sensations de conduite et anecdotes de passionnés
Ici, les chiffres ne disent pas tout. La Clio 2 V6 impressionne surtout par son comportement sans filtre. Derrière le volant, la direction précise et le grondement du V6 juste dans le dos transforment la moindre escapade en moment intense. Sur la phase 1, l’équilibre reste précaire à haute vitesse : sans assistance électronique, la motricité réclame toute l’attention, et les transferts de masse se vivent en direct. Les connaisseurs le répètent : à la limite, la Clio V6 ne pardonne pas l’improvisation.
Les forums regorgent d’histoires vécues. Plusieurs propriétaires racontent des glissades épiques sur chaussée humide, d’autres avouent avoir eu quelques sueurs froides lors de leurs premiers kilomètres. Dans les rassemblements, la Clio V6 est souvent comparée à une Porsche Boxster ou une Honda S2000. Pourtant, pour beaucoup, la française garde ce supplément d’âme et de folie que les allemandes ou japonaises n’offrent pas.
Voici ce que les passionnés mettent en avant au sujet de cette auto hors normes :
- Plaisir authentique : sonorité profonde, accélérations franches, sensations brutes sans filtre électronique.
- Statut de collector : production confidentielle, rareté sur la route, présence magnétique.
- Comportement exigeant : délicate en appui, redoutable sur le sec, imprévisible sur route mouillée.
Certains défauts font partie du tableau : rayon de braquage impressionnant, habitacle commun, finition parfois inégale. Malgré tout, la communauté reste fidèle. Les exemplaires bien entretenus continuent de sillonner les routes lors de sorties entre passionnés ou sur circuit, preuve que la Clio 2 V6 laisse une trace qui dépasse largement les données techniques.
Avis, conseils d’achat et astuces pour bichonner ce collector
Sur le marché de l’occasion, la Clio 2 V6 occupe une place à part. Avec moins de 3000 exemplaires construits, les prix grimpent en flèche. Les plus beaux modèles de phase 2, soignés et certifiés, dépassent aujourd’hui les 90 000 €. La rareté attire, mais l’état général et la traçabilité font toute la différence : carnet d’entretien complet, factures à l’appui, historique limpide. Les exemplaires accidentés ou modifiés perdent instantanément de leur valeur.
Pour viser juste, il vaut mieux s’orienter vers une version strictement d’origine. Soyez attentif à l’état du train roulant, des silentblocs, de la boîte PK6 et à l’étanchéité du V6. Certaines pièces spécifiques, comme les capots élargis ou les jantes, coûtent très cher et sont difficiles à retrouver. Les pneus Michelin Pilot Sport, homologués d’usine, restent la référence pour préserver un comportement cohérent, surtout sous la pluie.
Voici les points-clés à surveiller pour garder une Clio V6 en pleine forme :
- Confier l’entretien à un atelier connaissant parfaitement la Clio V6, ou à un centre Renault Sport historique.
- Prévoir des vidanges tous les 10 000 km, contrôler le liquide de refroidissement et surveiller l’état des freins (AP Racing ou Brembo selon la version).
- Protéger la carrosserie large des chocs et éviter le lavage haute pression sur les prises d’air latérales.
La Clio 2 V6 réclame attention et passion. Mais elle offre en retour une exclusivité rare, une sonorité enivrante et un plaisir de conduite qui ne ressemble à rien d’autre. Un modèle qui, deux décennies après sa naissance, continue de faire battre le cœur de ceux qui croisent sa route.