La classification Crit’Air repose sur trois variables techniques : le type de carburant (champ P.3 de la carte grise), la norme Euro du véhicule et sa date de première immatriculation. Confondre le classement du véhicule avec le droit effectif de circuler dans une zone donnée reste l’erreur la plus fréquente, y compris chez des conducteurs réguliers de flottes professionnelles.
Norme Euro et carburant : les deux paramètres qui déterminent votre vignette Crit’Air
Le classement Crit’Air ne mesure pas les émissions réelles du véhicule. Il traduit la norme antipollution Euro appliquée à l’homologation, croisée avec le type de carburant déclaré sur le certificat d’immatriculation.
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Un diesel Euro 5 obtient une vignette Crit’Air 2. Un essence Euro 5 obtient une Crit’Air 1. À norme identique, le diesel est systématiquement classé une catégorie au-dessus (donc moins favorable) que l’essence. Ce décalage persiste sur toute la grille, de Euro 2 à Euro 6.
Les véhicules électriques, hydrogène et hybrides rechargeables bénéficient de la pastille verte (Crit’Air 0 ou E), à condition que le champ P.3 affiche l’un des codes suivants : EL, H2, AC, HE, HH pour les électriques et hydrogène, ou EE, GL, NE, GM, PE, FL, EM, ER, FM, FR pour les hybrides rechargeables.
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Les véhicules roulant au gaz (GN, GP, NH, etc.) ou au superéthanol (codes FE, FH) suivent une grille essence. Un point souvent négligé : un véhicule converti au bioéthanol après immatriculation conserve le classement lié à sa norme Euro d’origine, pas celui du carburant effectivement utilisé.

Traverser plusieurs ZFE sur un même trajet : le piège des règles locales
Chaque métropole fixe ses propres restrictions de circulation en ZFE-m. Posséder une vignette Crit’Air 3 ne garantit pas le même droit de passage à Lyon, Paris ou Strasbourg. Les calendriers d’interdiction, les horaires et les catégories de véhicules concernés varient d’une agglomération à l’autre.
Sur un trajet Lyon-Paris par exemple, nous observons que les deux métropoles appliquent des seuils d’exclusion différents pour les mêmes niveaux de vignette. Un Crit’Air 3 peut être autorisé dans l’une et interdit dans l’autre, selon la date et le calendrier local en vigueur.
Dérogations locales et exceptions temporaires
Les dérogations constituent un angle mort pour la majorité des conducteurs. Certaines métropoles accordent des passes journalières ou des exemptions pour les véhicules de collection, les professionnels en intervention ou les résidents en attente de remplacement de véhicule. Ces dispositifs ne figurent pas sur la vignette : ils se vérifient sur le site de chaque collectivité ou via les arrêtés préfectoraux.
- Vérifiez le périmètre exact de la ZFE-m de chaque métropole traversée, pas seulement le numéro Crit’Air autorisé
- Consultez les dérogations locales (passes journalières, exemptions professionnelles, véhicules de collection) avant le départ
- Anticipez la circulation différenciée activée en pic de pollution, qui peut restreindre temporairement des vignettes normalement autorisées
Nous recommandons de préparer un trajet multi-ZFE comme on prépare un passage transfrontalier : chaque métropole a ses propres règles, horaires et dérogations.
Classification Crit’Air et circulation différenciée : deux logiques distinctes
La vignette Crit’Air est permanente. La circulation différenciée est temporaire. Confondre les deux mène à des verbalisations évitables.
En régime normal, la ZFE-m interdit de façon permanente certaines catégories de vignettes selon le calendrier local. Lors d’un épisode de pollution, le préfet peut activer la circulation différenciée, qui relève le seuil d’interdiction : des vignettes habituellement autorisées en ZFE deviennent alors temporairement exclues.
Un Crit’Air 2, autorisé au quotidien dans la plupart des ZFE actives, peut se retrouver interdit de circuler pendant un pic de pollution si le préfet décide de ne laisser passer que les Crit’Air 0 et 1. Cette activation n’est pas prévisible à l’avance : elle dépend des relevés de qualité de l’air.

Grille de classement Crit’Air : tableau par norme Euro et carburant
Le tableau ci-dessous synthétise la correspondance entre norme Euro, carburant et vignette Crit’Air pour les voitures particulières et utilitaires légers.
| Vignette | Essence | Diesel |
|---|---|---|
| Crit’Air 0 (verte) | Électrique, hydrogène, hybride rechargeable | |
| Crit’Air 1 | Euro 5 et Euro 6 | – |
| Crit’Air 2 | Euro 4 | Euro 5 et Euro 6 |
| Crit’Air 3 | Euro 2 et Euro 3 | Euro 4 |
| Crit’Air 4 | – | Euro 3 |
| Crit’Air 5 | – | Euro 2 |
| Non classé | Euro 1 et avant | Euro 1 et avant |
Les véhicules non classés n’ont droit à aucune vignette et sont exclus de toutes les ZFE-m sans exception. Les motos et scooters suivent une grille comparable, décalée d’une norme Euro environ.
Lire sa carte grise pour vérifier son classement Crit’Air
La simulation officielle sur certificat-air.gouv.fr demande trois informations issues du certificat d’immatriculation :
- Le type de carburant, au champ P.3 (ou champ EN pour les cartes grises émises avant 2004)
- La norme Euro, indiquée au champ V.9
- La date de première immatriculation, au champ B
En cas de doute sur le code carburant, le site officiel liste les correspondances : GO, GH, GQ pour le diesel, ES, FE, EH pour l’essence, et ainsi de suite. Un code carburant mal interprété fausse le résultat de la simulation.
Le certificat qualité de l’air se commande en ligne pour un coût modeste, livraison comprise. Il est lié au véhicule, pas au propriétaire, et reste valable tant que le véhicule circule.
La classification Crit’Air ne change pas. Ce qui change, ce sont les restrictions appliquées par chaque métropole, et les seuils activés en cas de pic de pollution. Vérifier son classement ne suffit pas : il faut vérifier les règles locales de chaque ZFE traversée, sous peine d’amende.

