Un chiffre sec, sans détour : 2011. Cette année-là, l’accès aux 125cc a changé de visage pour tous les titulaires du permis B. Ce qui, jadis, relevait d’une simple formalité, réclame désormais une formation en bonne et due forme, et rares sont ceux qui échappent à cette règle. Pourtant, beaucoup d’automobilistes continuent d’ignorer les subtilités réglementaires qui encadrent aujourd’hui l’univers de la petite moto.
Les distinctions entre permis A1, permis B avec formation obligatoire et équivalences européennes ont brouillé les repères. Même pour les modèles électriques ou les tricycles, impossible de s’y retrouver d’un simple coup d’œil. Mieux vaut maîtriser les conditions d’accès pour éviter de se retrouver, sans l’avoir voulu, dans l’illégalité.
Permis 125 : ce qu’il faut savoir avant de se lancer
Rouler en 125cc n’a rien d’anodin. La loi française encadre strictement cette catégorie de deux-roues. Les 125cc, ce sont les motocyclettes légères : jusqu’à 125 cm³ de cylindrée, 11 kW maximum, pas plus de 15 chevaux sous la selle. Chaque détail technique compte.
Pour prendre la route, deux voies existent. D’abord, le permis A1 : accessible dès 16 ans, il demande une formation complète avec épreuve. Sinon, le permis B peut faire l’affaire, mais uniquement si une formation complémentaire de 7 heures est validée en moto-école. Cette session alterne théorie, exercices pratiques sur plateau et circulation réelle, le tout sous le regard attentif d’un professionnel.
Voici les deux cas de figure à connaître pour savoir si la formation est requise :
- Permis B obtenu avant le 1er mars 1980 : accès direct à la 125cc, aucune formalité supplémentaire.
- Permis B obtenu après cette date : formation de 7 heures obligatoire, sauf si vous justifiez d’une expérience récente sur un véhicule équivalent.
La formation ne se contente pas d’un rappel du code. Elle plonge dans la réalité de la conduite à deux-roues, insiste sur l’équipement et met l’accent sur les bons réflexes pour se protéger et anticiper les dangers. Parce que le risque d’accident reste élevé sur ce segment, les exigences sont montées d’un cran.
Une précision pour éviter toute méprise : les motos et scooters électriques, les tricycles ou autres véhicules assimilés ne sont pas logés à la même enseigne que les 125cc thermiques. Avant toute démarche, vérifiez la catégorie exacte de votre engin.
Qui peut rouler en 125cc avec un permis B ?
Le permis B ne confère pas d’office le droit de piloter une 125cc. En France, seuls ceux qui ont décroché leur permis auto avant le 1er mars 1980 bénéficient d’un accès direct à la catégorie « motocyclettes légères ». À l’époque, la frontière entre deux-roues légers et autres véhicules n’était pas aussi nette qu’aujourd’hui.
Pour les autres, la marche à suivre est imposée sans ambiguïté : formation obligatoire de 7 heures en moto-école, centrée sur la sécurité, la technique et la pratique. Pas de raccourci possible, à moins d’avoir assuré et conduit un 125cc ou un tricycle à moteur entre 2006 et 2011. Ce cas, assez rare, concerne surtout ceux qui ont déjà une expérience concrète et enregistrée sur ce type de deux-roues.
Le droit de rouler en 125cc avec un permis B s’ajuste donc selon la date d’obtention du permis et l’expérience déclarée. L’administration ne laisse rien passer, les contrôles sont fréquents. Pour ne pas risquer l’infraction, mieux vaut s’appuyer sur les conseils d’une moto-école reconnue et s’assurer que tout est en règle.
Les démarches et la formation de 7 heures en pratique
La formation de 7 heures, passage obligé, se déroule sur une journée ou deux, encadrée par une moto-école agréée. Tout est pensé pour accompagner les novices à chaque étape, avec un moniteur présent du début à la fin.
La première séquence, théorique, dure deux heures. Elle permet de revoir le code de la route, d’identifier les particularités de la conduite d’une 125cc et de réviser les règles de sécurité. On insiste sur la position de conduite, le choix de l’équipement et les attitudes à adopter dans la circulation française.
Vient ensuite la pratique hors circulation : deux heures sur plateau pour apprendre à manier la machine, gérer le freinage, l’équilibre à faible allure, les démarrages et les manœuvres d’évitement. Chaque exercice est corrigé par le moniteur, qui guide la progression pas à pas.
La dernière étape, la circulation en situation réelle, dure trois heures. L’élève prend la route, alterne centre-ville, ronds-points et voies plus rapides, toujours sous la vigilance du formateur. Objectif : développer l’anticipation, l’analyse du trafic et l’autonomie. À la fin de cette journée, une attestation de formation est remise : elle doit accompagner le permis B lors de chaque déplacement.
Quelques points concrets à retenir sur cette formation :
- Pas d’épreuve finale : la validation repose sur la participation active à chaque module.
- Selon la moto-école, le financement via le Cpf est parfois possible.
Que l’on vise la moto ou le scooter, la démarche reste la même. L’attestation de formation doit toujours être sur vous lors d’un contrôle routier.
Modèles de motos et scooters concernés, équivalences et règles à respecter
Avant de sélectionner un modèle, impossible de faire l’impasse sur la réglementation. Les motocyclettes légères (MTL) se définissent par une cylindrée qui ne dépasse pas 125 cm³ et une puissance maximale de 11 kW (15 chevaux). Le rapport poids/puissance est aussi surveillé : pas plus de 0,1 kW/kg. La gamme est vaste : du roadster maniable au scooter urbain, en passant par les sportives compactes et les trails.
Quelques exemples de modèles courants : Piaggio Medley, Honda CB125F, Yamaha XSR125, Suzuki Burgman 125 ou Peugeot Django. Chaque année, de nouveaux modèles viennent étoffer l’offre.
Concernant les équivalences, un tricycle à moteur de type Piaggio MP3 125 (catégorie L5e) se conduit avec les mêmes prérequis que la moto 125cc classique, à condition de respecter l’écartement des roues avant et la puissance. Les détenteurs du BSR (catégorie AM) restent, quant à eux, cantonnés aux cyclomoteurs 50 cm³.
Pour circuler en règle, voici les obligations à respecter :
- Vérifiez toujours la catégorie inscrite sur la carte grise : MTL pour les 125cc, L5e pour les tricycles assimilés.
- Le port d’un équipement homologué, casque, gants, blouson, pantalon et chaussures adaptés, est obligatoire.
- Le code de la route et les règles de circulation s’appliquent à tous, deux ou trois roues confondus.
La France ne transige pas sur la conformité des véhicules et des conducteurs. Un véhicule trop puissant, une formation incomplète, et la sanction tombe sans délai. Soyez attentif à chaque détail : catégorie, puissance, type de véhicule. Les règles évoluent, la réglementation s’ajuste, et chaque année peut réserver son lot de surprises sur le marché des motos et scooters 125cc.


